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FDAJ et RSA

Catherine Quéric

Insertion

26 juin 2026

Monsieur le Président, Cher·es collègues


En guise d’introduction à ce rapport, nous ne pouvons que saluer la décision de faciliter les paiements des mesures d’Accompagnement Social Lié au Logement aux associations, afin de correspondre davantage à leur mode de fonctionnement.


Mais c’est bien la seule chose que nous saluerons.


Concernant l’insertion, vous revendiquez un meilleur accompagnement en insertion alors que les financements ne cessent de baisser et que l’accompagnement devrait être renforcé. Certaines personnes sont trop éloignées de l’emploi pour des raisons de santé, de logement, de garde d’enfant ou de mobilité. Le volet d’accompagnement social devrait être largement amélioré afin de permettre à ces personnes de résoudre en premier lieu les problèmes périphériques qui les empêchent d’accéder à l’emploi : ces problèmes c’est à nous de les gérer !


Car qui souhaite réellement “bénéficier des minima sociaux” - je mets des guillemets - quand cela participe en réalité au sentiment de culpabilité et d’indignité, qui conduisent au non recours ? Certes vous constatez une augmentation de 5% des bénéficiaires du RSA, augmentation similaire aux chiffres nationaux et les services sont a priori dans l’incapacité d’expliquer cette augmentation. Une hypothèse émise, simpliste, sans aucun fondement, que j’ai pu entendre : ce serait les gens du voyage.


Soyons sérieux un instant, je vous en conjure, et cherchons dans la complexité, chère à Edgar Morin qui nous a quittés il y a peu, d’autres facteurs plus pertinents :

  • N’est-ce pas un effet de la loi Plein emploi, qui, en obligeant les bénéficiairs du RSA à s’inscrire à France Travail, permet finalement d’accéder à ses droits et donc de lutter contre le non-recours ?

  • Ou bien encore l’arrivée dans le RSA des personnes qui imaginaient atteindre la retraite à la fin d’allocations chômage mais dont le départ à la retraite a été reculé ?

  • Ou même l’allongement des parcours rSa du fait d’une paupérisation grandissante, de l’inadaptation des parcours ?

Concernant notre jeunesse désormais. L’Etat avait déjà baissé en 2025 son soutien aux missions locales, en 2026 le coup de rabot continue si bien que les missions locales devront encore supprimer des postes cette année. Qui va subir ses baisses drastiques ? Notre jeunesse qu’on abandonne. La Région prévoit de couper ses financements, ce qui représente 58 000 euros sur les 580 000 prévus par le département pour le FDAJ. Pourtant, vous décider de réduire plus encore le financement de 150 000 euros. C’est une honte quand on sait que ces aides ponctuelles gérées par les missions locales constituent surtout une aide alimentaire de proximité.


Concrètement :


150 000€ c’est 750 jeunes Morbihannais aidés avec une aide ponctuelle alimentaire de 200 euros, et ces mêmes jeunes sont potentiellement des jeunes qui sortent de l’Aide Sociale à l’Enfance.


Plus concrètement encore : A Lorient, 438 aides ont été délivrée en 2026 pour ces six premiers mois, dont 333 aides qui concernent précisément une aide alimentaire pour 243 bénéficiaires. C’est 24 jeunes qui ont déjà reçu 300 euros et plus, 15 jeunes qui ont reçu 250 euros et plus, 92, 150 euros et plus.


Faut-il pour vous convaincre être plus précis ?


En 2023, 1 jeune sur 4 vit sous le seuil de la pauvreté, et sur le territoire de Lorient, 2 jeunes sur 3 n’ont aucun revenu, 8 sur 10 ont un revenu inférieur à 600 euros, encore en deça du seuil de pauvreté. Ces jeunes sans ressources, les 2 sur 3 inscrits, représentent 50% des bénéficiaires du FDAJ. Ce sont les chiffres du rapport d’activité de la mission locale.

En complément, nous rappelons que le paiement de l’aide était jusqu’à présent calculé sur une année glissante à hauteur de 800 euros, alors qu’elle est désormais calculé sur une année civile avec un plafond abaissé à 300 euros.


La rétroactivité d’une décision au premier janvier d’une décision prise au premier juillet va pénaliser les jeunes qui ont atteint le plafond cet été à une période où tous les réseaux caritatifs sont fermés.


La conséquence de la baisse du FDAJ, cumulé au FUA, représente également une baisse des aides dans d’autres dimensions de la vie quotidenne : terminées les nuitées d’urgence, terminée l’aide au loyer résiduel, à la pratique culturelle et sportive. Et enfin, que dire du financement des 10 dernières heures de conduite quand on sait qu’il en faut 25 pour obtenir son permis qui coûte en moyenne 2000 euros.

Nous vous confirmons que nous avions bien raison de voter contre l’harmonisation des financements du FUA et du FDAJ lors de la session de mars dernier.


Vous pourrez arguer qu’il s’agit d’une aide volontariste, mais il y en a d’autres, comme l’aide au patrimoine privé, que vous maintenez pourtant.

Vous semblez préférez investir dans les vieilles pierres que dans les jeunes forces vives du Morbihan et j’avoue que je ne comprends pas votre position.


Le département est chef de file de l’action sociale, pas chef de file du soutien aux riches propriétaires fonciers.


Je vous remercie

Groupe de Gauche et Ecologiste

Strollad Kleiz hag Ekologour

Conseil départemental

du Morbihan

Département du Morbihan

Groupe de Gauche et Ecologiste

2 rue de Saint-Tropez

56000 Vannes

Departamant ar MorBihan

Strollad Kleiz hag Ekologour

2 straed Sant Tropez

56000 Gwened

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