R7 - Modification des règlements intérieurs du Fonds unique d'aide (FUA), du Fonds départemental d'aide aux jeunes (FDAJ) et du Fonds de solidarité pour le logement (FSL)
Catherine Quéric
Insertion
27 mars 2026
Monsieur le Président, chers collègues,
Je prends la parole ici en tant que conseillère départementale communiste, mais aussi avec ce que je viens de voir, ces dernières semaines, sur le terrain.
Je sors de la campagne municipale à Lorient. Et je veux vous dire très simplement : je suis atterrée.
Atterrée par la misère sociale qui progresse…
Par ces familles qui ne s’en sortent plus….
Par ces jeunes qui renoncent à des projets pour quelques dizaines d’euros….
Par ces habitants des Quartiers prioritaires de la ville de Lorient qui choisissent entre se nourrir et payer leur facture d’énergie.
Ce que j’ai vu à Lorient mérite mieux que des restrictions, cela exige une réponse à la hauteur de la dignité humaine !
Et dans ce contexte, que nous propose-t-on aujourd’hui ?
Un durcissement des règles ! Une participation obligatoire ! Des plafonds plus contraints ! Des dispositifs plus rigides !!
Soyons lucides : ce n’est pas une « réforme technique ». C’est un choix politique !!
Le choix de faire porter l’effort sur celles et ceux qui ont déjà le moins….
Vous imposez 20 % de reste à charge pour l’accès aux aides du Fonds Unique d’Aide. Mais pour quelqu’un qui vit avec moins de 1 000 euros par mois, ce n’est pas une participation, c’est un obstacle.
C’est une aide à laquelle on renonce… c’est une situation qui s’aggrave….
Les personnes dont on parle ici sont déjà contraintes de faire des arbitrages impossibles. Ce n’est pas de responsabilisation dont elles ont besoin, mais de soutien.
Vous encadrez davantage les aides pour les jeunes. Mais sur le terrain, cela veut dire quoi ? Des jeunes qui abandonnent une formation, un permis, un logement…
Vous parlez de « maîtrise budgétaire »….
Mais quel sera le coût demain ? Celui du décrochage, de l’exclusion, des expulsions que l’on n’aura pas su éviter.
Et puis il y a le signal que vous envoyez ! Réduire les aides à partir du 5ème enfant, conditionner davantage l’accès à la solidarité… Cela installe une logique de suspicion, là où nous devrions renforcer la confiance et le soutien.
Je le dis avec gravité : ce que j’ai vu à Lorient, c’est une précarité qui s’installe durablement, c’est la misère à chaque coin de rue … Et ce que vous proposez aujourd’hui ne répond pas à cette réalité : Pire… cela risque de l’aggraver !
La solidarité ne peut pas devenir une variable d’ajustement budgétaire, elle doit être un rempart pour les plus fragiles…
Nous devrions renforcer ces dispositifs, les rendre plus accessibles, plus humains, plus réactifs….
Vous faites le choix inverse !
Pour toutes ces raisons, en cohérence avec nos convictions et avec la réalité que nous constatons sur le terrain, nous voterons CONTRE ce rapport.
Selon le Ministère de l’économie et des finances, la fraude fiscale estimée c’est entre 80 et 120 millions d’euros en 2024, il serait temps de s’attaquer aux fraudeurs qui le font pour leur profit et non pour leur survie.
La solidarité n’est pas un coût, c’est un choix de société…. !
Aujourd’hui, Monsieur Le Président, chers collègues de la commission Insertion et social du Département, vous faites le mauvais choix !


