Orientations budgétaires pour 2026 - 4
Rozenn Métayer
Aménagement du territoire
7 novembre 2025
Cher Président, chers collègues,
J’aborderai quelques éléments concernant la politique de l’habitat.
Dans le rapport d’orientations budgétaires, vous affirmez que “globalement, le soutien au développement de l’offre serait en forte hausse dans le budget 2026”. Pourtant, il s’agit surtout des décisions prises des précédentes années de ce mandat dont la planification se poursuit tandis que plusieurs dispositifs ont été diminués :
Rappelons que, si vous pouvez justifier du contexte budgétaire contraint et des délais de production de logement qui s’allongent : vous envoyez un très mauvais signal avec la diminution, pour la 2ème année consécutive des titres participatifs du Département pour Morbihan Habitat de 5 à 1 million seulement. Les effets seront non seulement sur la construction, mais aussi pour la réhabilitation des logements sociaux. Cela jette un doute aussi sur la relance envisagée de ces titres à partir de 2027 et leur remise à niveau en 2028. Nous pensons que le logement est l’urgence Numéro 1 en terme d’investissements quitte à ralentir dans le domaine portuaire par exemple. Il nous paraît également indispensable d’obtenir une évaluation du schéma départemental de l’habitat pour ne pas naviguer à vue.
Concernant le Fonds de Solidarité pour le logement, on observe clairement une diminution des aides à l’accès ce qui montre la difficulté à s’inscrire dans un parcours résidentiel. En parallèle le recours au maintien dans le logement augmente, ce qui traduit une précarité grandissante, la révision du règlement intérieur ayant notamment permis à de nouvelles personnes d’y accéder. Nous restons vigilants sur l’évolution inquiétante de ces indicateurs.
Rappelons aussi que les programmes de lutte contre l’habitat indigne (100 000 euros/ ans) et de maintien à domicile sont en gestion extinctive depuis les décisions prises en 2024.
Chacun de ces programmes était pourtant essentiel.
D’une part, pour les propriétaires pauvres, la seule réponse face au logement indigne aujourd’hui, lorsque la situation est dans le rouge, c’est de vendre, à des prix dérisoires, surtout lorsqu’on est dans les terres. Et même dans l’éventualité où ces ménages parviennent à vendre, quel logement qualitatif, économe en énergie, leur est-il permis de racheter ?
D’autre part, face à l’absence de places suffisantes en établissement et au regard du fameux virage domiciliaire dont parlait Myrianne Coché à l’instant, l’abandon du programme de maintien à domicile est incompréhensible. (600 000 euros/an)
Nous ne pouvons nous résoudre à ne pas en parler, comment ne pas penser aux personnes en perte d’autonomie laissées sans solution, nos aînés, nos concitoyens et concitoyennes touchées par la maladie pour lesquels les budgets sont trop restreints pour envisager des rénovations. C’est Mathurin qui ne peut pas changer sa baignoire contre une douche, ce sont les aides à domicile qui peinent à réaliser correctement les toilettes. C’est encore Marguerite qui a constamment peur de chuter faute d’équipements adaptés.
Ces décisions ont également fortement impacté les organisations qui mettaient en oeuvre ces programmes (le CDHAT, Soliha) et qui ont dû faire à l’arrêt de ces financements, dans un flou artistique sans communication.
Nous le répétons, il faut de l’accompagnement auprès des partenaires lorsque des dispositifs sont amenés à disparaître.
Ces programmes étaient peu chers, innovants et efficients, c’est une réelle perte, d’autre solutions innovantes existent pourtant, que comptez-vous mettre en place pour étudier ces dispositifs ?
Je vous remercie


