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R14 - Politique du développement social et de l’insertion

Catherine Quéric

Insertion

19 décembre 2025

Monsieur le Président, chers collègues,


La loi dite « pour le plein emploi » a été présentée comme un outil pour améliorer l’accompagnement des demandeurs d’emploi.
En réalité, elle transforme l’accès au droit en parcours du combattant, les allocataires du RSA en suspects permanents.


Comme si la pauvreté se soignait par les contrôles, les obligations et les sanctions.


Les mots ont un sens et, sur le terrain, les femmes et les hommes que je rencontre ne “bénéficient” pas du RSA : c’est le minimum vital pour ne pas sombrer complètement, j’aimerais dire que c’est un rempart mais ce n’est en réalité que le dernier petit muret de solidarité.


Elles et ils y arrivent après une perte d’emploi, un contrat rompu, une maladie, une séparation. Elles et ils viennent solliciter des aides supplémentaires quand il n’y a plus de marge de manœuvre, quand il faut arbitrer entre se loger, se nourrir ou se chauffer.


Voilà la réalité que ce budget tente de contenir… mais qu’il ignore souvent.

Ces personnes souhaiteraient profondément que le travail, un métier qu’elles pourraient intégrer, soit une réelle rampe de lancement pour sortir de la pauvreté, retrouver une dignité, ne plus compter au quotidien. Or, comment se projeter quand les entreprises licencient à tour de bras, elles-mêmes en difficultés financières ou contraintes de se soumettre aux lois de la mondialisation ?


L’année dernière nous nous sommes mobilisés dans le cadre de la fermeture des usines Michelin et celle de la Fonderie de Bretagne sur le territoire. Cette année, les fermetures se poursuivent dans le pays avec Novasco, Valdunes, Brandt, ou Teisseire. La CGT parle de 45 000 emplois industriels détruits depuis 2024, avec plus de 500 plans de licenciements recensés cet automne.


Pendant ce temps, et alors que le marché de l’emploi ralentit, le gouvernement prévoit dans le Projet de loi finance une baisse de 14% des moyens pour l’insertion.


Humainement ? Ce sont 60 000 personnes qui ne bénéficieront plus d’un accompagnement. 32 000 parcours emplois compétences (PEC) en 2025, contre 61 000 en 2024. Des chiffres de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS).


Nous sommes grés de votre décision de maintenir les budgets du Département dédiés à l’insertion. C’est une décision nécessaire et salutaire, mais nous savons tous qu’elle ne suffira pas à maintenir les structures qui sont pourtant au cœur de l’action du département. La baisse des aides du gouvernement se traduira directement par une augmentation du nombre de personnes sans emploi et donc, de nos besoins de dépenses.


En ce qui concerne l’insertion professionnelle de la jeune génération, Monsieur Loas, votre adjoint à la jeunesse et à l’insertion à Ploemeur prenait la parole il y a un mois en tant que Président de la Mission locale de Lorient lors de la mobilisation bretonne contre les baisses annoncées pour 2026.


Le constat qu’il rapporte ? Seulement 2 missions locales au niveau de la Bretagne pourraient passer 2026 sans piocher dans leurs réserves, toutes les autres sont en grande inquiétude. À Lorient, – 200 000 euros d’équilibre financier, qui s'ajoutent à la baisse de 20% des allocations PACEA (parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie).

Concrètement ? C’est l’obligation de supprimer des postes, des délais d’accompagnement qui s'allongent et une jeunesse laissée pour compte.

Pouvons-nous, encore, faire plus avec moins ?


Un budget n’est jamais neutre.


Il dit qui l’on protège et qui l’on abandonne.


Comme conseillère  départementale communiste de Lorient, je le dis clairement :


Je refuse de  cautionner un budget qui organise la gestion comptable de la misère et la suspicion permanente sur les plus pauvres…. Car je défends un budget qui assume la solidarité, la justice sociale, la dignité humaine.

Et pour conclure, reprenons Zola :


Tant que la misère existera, les lois seront insuffisantes.


Ce budget, lui, choisit de rester du côté de ceux qui accumulent les profits pendant que les plus fragiles survivent à peine : il ne rompt pas  avec les logiques libérales, il en reste complice.


Nous, groupe de Gauche et écologiste, nous choisissons notre camp :

…celui des travailleurs sociaux épuisés qui tiennent debout malgré tout,

…celui des conseillers en insertion sociale et professionnelle désespérés - dont je suis -  qui refusent de servir une politique punitive,
… celui des privés d’emploi qui subissent la 8ème réforme de l’assurance chômage en 8 ans,
…et celui de toutes celles et ceux que cette société ignore depuis trop longtemps.

Et si cette Assemblée veut encore parler de “plein emploi”,

qu’elle commence par en créer de véritables, sous statut de fonctionnaires,

…plutôt que de punir la misère !


Voilà la vraie justice sociale


Je vous remercie

Groupe de Gauche et Ecologiste

Strollad Kleiz hag Ekologour

Conseil départemental

du Morbihan

Département du Morbihan

Groupe de Gauche et Ecologiste

2 rue de Saint-Tropez

56000 Vannes

Departamant ar MorBihan

Strollad Kleiz hag Ekologour

2 straed Sant Tropez

56000 Gwened

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