R12 - Politique départementale de l'eau et des milieux aquatiques
Boris Lemaire
Environnement
27 mars 2026
Monsieur le Président, chères et chers collègues,
L’eau, c’est la vie. C’est aussi l’avenir du Morbihan : notre économie, notre santé, notre attractivité. Aujourd’hui, nous révisons notre politique de l’eau, et c’est une chance. Une chance de réaffirmer notre engagement pour un territoire où chaque goutte compte, où chaque rivière respire, et où chaque activité – de la conchyliculture à l’agriculture – peut prospérer durablement.
Trois avancées à saluer
Notre retour dans les Commissions Locales de l’Eau (CLE) : Grâce à cette présence renforcée, nous pesons enfin dans les décisions stratégiques. C’est là que se jouent l’équilibre de nos ressources et la lutte contre les pollutions.
L’expertise du SATESE et de l’ASTER : 53 collectivités accompagnées, 210 km de cours d’eau restaurés. Ces outils, c’est du concret pour les communes qui n’ont pas les moyens d’agir seules.
Un engagement financier qui porte ses fruits : 94 millions d’euros investis depuis 2011 pour moderniser nos infrastructures. Résultat ? Une eau plus sûre, des filières comme la conchyliculture protégées, et des milliers d’emplois préservés.
Trois défis à relever
L’urgence écologique : Seulement un tiers de nos masses d’eau sont en bon état. Les étiages, les marées vertes, les pollutions diffuses nous rappellent que le temps presse. Il faut accélérer et innover, en ciblant les bassins les plus dégradés et en soutenant les solutions fondées sur la nature. Et surtout, il faut oser expliquer ces projets, même impopulaires, à nos concitoyens.
Les inégalités territoriales : Entre littoral et intérieur, les disparités criantes d’accès à l’eau appellent une solidarité plus forte et des critères d’intervention plus précis.
Notre dépendance aux financements extérieurs : Nous ne pouvons pas tout attendre de l’État ou de l’Agence de l’eau dans cette période budgétaire incertaine au niveau national. Il est temps de renforcer notre autonomie, notamment pour des projets clés comme la protection des captages ou la réutilisation des eaux usées traitées.
Un focus sur la conchyliculture
Le rapport de l’Ifremer de juin 2025 est sans appel : notre département, leader breton, affronte un paradoxe. D’un côté, une qualité chimique irréprochable (zéro dépassement des seuils). De l’autre, une qualité microbiologique fragile, avec des pics d’E. coli jusqu’à 54 000/100g après les pluies. Ces alertes, liées aux rejets agricoles et aux défaillances d’assainissement, menacent notre économie locale. Face à cela, il faut oser des choix audacieux : réviser les classements, renforcer les contrôles, et surtout, inventer de nouvelles pratiques agricoles pour réduire les pollutions à la source.
Conclusion : le courage d’agir
L’eau n’est pas une ressource comme les autres. C’est un bien commun, un patrimoine vivant, et le socle de notre avenir. Aujourd’hui, nous avons un choix : subir les pénuries et les pollutions, ou en faire un levier pour un Morbihan plus résilient. Alors oui, votons cette politique avec ambition, car chaque euro investi dans l’eau, c’est un euro investi dans notre avenir. Et cet avenir, chers collègues, il ne se négocie pas, il se défend. Goutte à goutte, mais maintenant.
Je vous remercie.


