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Situation en matière d'égalité
entre les femmes et les hommes dans le département

Catherine Quéric

Général

7 novembre 2025

Monsieur le Président,
Chers collègues,


Avant toute chose, rendons à César ce qui est à César — ou plutôt à Césarine !
Nous saluons les efforts engagés par le Département, et la volonté affichée d’avancer vers davantage d’égalité entre les femmes et les hommes.

Les agentes du Département peuvent s’appuyer de dispositifs d’écoute, de conseil, d’accompagnement. 


C’est utile. C’est nécessaire.
Et c’est souvent ce qui leur permet de faire évoluer leur parcours professionnel, de trouver des réponses à leurs besoins.

Nous saluons aussi le partenariat mené par le réseau périnatalité, qui sensibilise les professionnels de santé aux violences conjugales.
Mais permettez-moi une image :  vouloir s’attaquer aux montagnes du sexisme chaussé de pantoufles,  c’est courageux… mais c’est glissant !

Car votre rapport est sans appel.
Les femmes représentent 56 % des bénéficiaires du RSA engagées dans une action d’insertion.
Et ce chiffre augmente encore cette année.
La précarité, elle aussi, se conjugue au féminin — et même, au pluriel !

Pendant ce temps, les associations qui soutiennent ces femmes sont attaquées de toutes parts.
On ne taille plus dans leurs budgets : on tronçonne.

Le CIDFF, par exemple : son programme d’insertion n’est plus financé, et l’organisation a dû réduire ses effectifs de 43 % !
Moins d’effectifs, moins de moyens, moins d’accompagnement…
C’est simple : on scie la branche sur laquelle les femmes tentent de se hisser.

Les Structures d’Insertion par l’Activité Économique, elles, tirent la sonnette d’alarme.
Mais à force de tirer, elles vont finir par décrocher la cloche !
Le Projet de loi de finances 2026 prévoit des coupes sévères, et certaines structures du Morbihan craignent  de mettre la clé sous la porte.
Ce seront autant de postes perdus, autant de femmes laissées sans accompagnement et seules dans un contexte de violence.

Et souvenez-vous : l’an dernier, nous avions proposé un vœu de soutien à ces associations.
Vous l’aviez refusé.
Et récemment encore, le Département a déclaré ne pas avoir les marges pour aider les Associations Intermédiaires.
Celles-là mêmes qui permettent à des Morbihannaises de remettre le pied à l’étrier de l’emploi.

Nous l’avions dit, et nous le redisons aujourd’hui :
les politiques d’austérité ont toujours les mêmes premières victimes : les femmes.
Toujours en première ligne. Toujours les premières à subir, les dernières à bénéficier.

Et même quand elles travaillent, elles ne sont toujours pas les égales des hommes.
Votre rapport le montre noir sur blanc : les écarts persistent, et la précarité demeure.

Concernant les agentes du Département, le plan d’action pour l’égalité professionnelle est juste, et sincère.
Mais il manque d’audace.
Comment expliquer qu’un écart de 735 euros sépare les femmes et les hommes de catégorie A ?
735 euros ! Ce n’est plus un écart, c’est un canyon.
Et dans votre rapport, aucune piste pour le combler.

Autre point : l’ambition 3 du plan parle de “lever les freins aux carrières des femmes”.
Très bien, mais comment ?
Et pourquoi ne pas agir aussi du côté des hommes ?

Parce que, comme vous l’indiquez, les congés parentaux restent quasi exclusivement féminins.
Alors, si on veut parler de répartition des rôles, il serait peut-être temps que certains messieurs troquent leur sacoche contre un sac à langer, non ? Ne pourrait-on pas les y inciter, avec le mode d’emploi ?!

Et puis il y a les promotions, les avancements, les régimes indemnitaires…
Toujours à la faveur des hommes.
Les filières techniques mieux rémunérées, plus valorisées…oui ! mais que dire des carrières des femmes, plutôt dans des carrières administratives et sociales ?
…Comme si manier une clé à molette valait plus que manier la solidarité.

Alors oui, nous reconnaissons les actions du Département.
Mais la vraie égalité — celle qui transforme la société — ne se fera pas à petits pas ni à coups de bonnes intentions.

Elle exige une volonté politique forte, des moyens réels, et une réflexion de fond sur ce que produit encore aujourd’hui le patriarcat économique.

Et c’est tout le sens de notre engagement à gauche :
affirmer que l’égalité n’est pas un supplément d’âme, mais un droit.
Qu’elle n’est pas une promesse pour les beaux discours, mais un combat pour la dignité.

Parce qu’à force de gravir les montagnes du sexisme en pantoufles,
on finit par rester coincés au pied du sommet…
pendant que d’autres continuent de grimper,
en chaussures de cuir.


Je vous remercie.

Groupe de Gauche et Ecologiste

Strollad Kleiz hag Ekologour

Conseil départemental

du Morbihan

Département du Morbihan

Groupe de Gauche et Ecologiste

2 rue de Saint-Tropez

56000 Vannes

Departamant ar MorBihan

Strollad Kleiz hag Ekologour

2 straed Sant Tropez

56000 Gwened

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