Insertion des Morbihannais

Monsieur le Président, Cher-e-s collègues,

La commission dans laquelle je siège comporte beaucoup de thèmes essentiels à la vie quotidienne : insertion, famille, enfance et action sociale. 

Je souhaite partager avec cette assemblée les priorités qui sont celles du Groupe de Gauche et Écologiste dans les champs de cette commission. 

Nous l’avions déjà dit, il faut impulser une véritable politique pour lutter contre les non-recours, en cherchant collectivement des réponses et donc en se coordonnant efficacement avec nos partenaires. On estime à plus de 30% le nombre de personnes qui peuvent bénéficier de prestations et qui n’en font pas la demande. 

L’accès aux droits est un défi majeur qu’il nous faut relever en tant que collectivité, chef de file en matière de solidarité. C’est le défi du courage en matière de solidarité : ne pas se contenter de dire « on fait ce qu’on peut » mais envisager une politique volontariste, tous azimut, d’information et de communication sur l’accès aux droits en faveur des plus démunis : campagnes de communication relayée par les centres médico-sociaux, les assistants sociaux et les travailleurs sociaux mais aussi, structures de l’insertion par l’économique, missions locales et Pôle Emploi, trop souvent mal informés des politiques du Département en matière de soutiens aux plus fragiles.

A l’échelle d’un département, il est possible de réussir à résoudre cette problématique et par conséquent d’améliorer le quotidien de nombreux Morbihannais. Cela passe également par un développement des services publics sur les territoires, par exemple en décidant que chaque départ à la retraite sera remplacé ! 

Par ailleurs, le département envisage-t-il de travailler ou de s’associer aux Maisons France Service qui réunissent déjà plusieurs services tels que la MSA, La Poste, etc. Où en est notre collectivité ? Quid aussi du fonds sur le numérique mis à disposition par l’État dans ce cadre ?

Il y a des départements qui gèrent des Maisons France Service avec une logique d’aller vers les habitants, par exemple avec un minibus qui accompagne vers des Maisons France Service, lorsque les habitants résident dans des communes voisines. 

Autre orientation, l’expérimentation d’un RSA jeune ou revenu de base pour les moins de 25 ans, nous ne devons pas nous arrêter au terme de RSA (comme cela a été dit en commission permanente). 

Cela ne veut pas dire que nous abandonnons l’idée de former et de développer les outils d’insertion professionnelle ! Il faut développer la formation qualifiante, augmenter la durée des formations, les tourner résolument vers la mise en œuvre d’une Sécurité Emploi Formation qui pourrait fonctionner comme la Sécurité sociale : en cela, la Région Bretagne et le Pôle Emploi peuvent nous aider à construire de vrais parcours de formation, permettant la remise à niveau des connaissances générales, l’acquisition de qualifications reconnues et l’accompagnement à l’insertion durable dans l’emploi. A ce propos, notre groupe de Gauche propose la mise en place d’un groupe de travail permettant de réfléchir à la mise en place de Territoire Zéro Chômeur de Longue durée, en appui de ce qui se pratique déjà dans plusieurs Départements de France : mettons autour de la table les acteurs de Pôle Emploi, de la Région, les syndicats, les acteurs de l’insertion de notre Territoire et envisageons de nouveaux défis pour l’année 2022 avec le Département du Morbihan. 

Écartons les poncifs éculés de l’assistanat, qui sont irréels et impropres à la situation de misère vécus par nos concitoyens les plus jeunes. Face à la précarisation de la jeunesse, au développement des petits boulots mal payés pour les étudiants, face à l’augmentation substantielle des aides alimentaires données par les associations caritatives, Résistons avec les moyens que le Département peut créer ! 

En matière d’insertion, nous serons aussi vigilants sur les moyens dédiés aux politiques spécifiques d’insertion (au-delà du montant dédié aux prestations RSA) : nous voulons que les associations qui œuvrent dans ce domaine nous fournissent des bilans étayés de l’action, non pour sanctionner mais pour évaluer l’efficacité des politiques publiques de l’insertion. 

Autre priorité, la lutte contre les violences intrafamiliales, avec une politique articulée autour de la prévention, de l’accompagnement des victimes et la recherche de solutions rapides : la permanence du CIDFF à Lorient est un premier pas, mais elle reste insuffisante. Qu’en est-il du développement de nos actions sur les territoires ruraux ? Comment construire un maillage sur tout le département du Morbihan ? Nous sommes interpellés dans nos permanences sur cette question et souhaitons nous engager dans cette lutte, sans tabou et sans préjugés. 

Agissons pour l’intégration des mineurs non accompagnés. Pour que l’intégration soit réussie, nous appelons au soutien des élus locaux, qui peuvent s’engager, notamment en proposant des locaux, des hébergements décents et durables. L’État ne réussira pas seul dans cette mission, dont la problématique globale est européenne et mondiale… Apportons notre solidarité aux maires qui interpellent sur les territoires ! 

Dernière orientation : l’illectronisme est un sujet dont nous devons nous saisir et je suis prête à y travailler avec les membres de ma commission. Il s’agit de l'exclusion numérique par incapacité et absence de matériel. 

Cette grande catégorie représenterait 17 % de la population en situation d'illectronisme d’après un rapport du Sénat de 2020, basé sur des données de l’Insee. 

Vous l’aurez compris, toutes ces orientations et priorités s’inscrivent dans notre objectif de lutter contre la pauvreté. En Morbihan, le taux de pauvreté est de près de 20% pour les moins de 30 ans. Même s’il s'est stabilisé ces dernières années, la pauvreté existe, nous y sommes confrontés au quotidien.

Il y a bien la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté et sa contractualisation avec l’État. Mais objectivement, il y a beaucoup de communication mais peu d’impact et les moyens accordés sont faibles par rapport à ceux que le Conseil départemental déploie déjà. 

Catherine QUÉRIC

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